Béatrice Aspart, battante au grand coeur

Catégoriser Beatrice Aspart relève de l’impossible tant cette héroïne des temps modernes a toujours joué ses cartes selon ses propres règles. Concernée, sensible, libre, attentionnée, généreuse, la fondatrice du Garage Moderne et du Bar de la Marine à Bordeaux a plus d’un tour dans son sac, et encore aujourd’hui. Portrait d’une battante au grand cœur, jamais à cour d’idée et à la langue bien pendue !

portrait beatrice-aspart

« On va tous mourir un jour. Et entre temps, il faut bien faire quelque chose. Surtout s’il nous reste la mémoire pour l’éternité, on n‘a pas intérêt à s’emmerder ! ». Le ton est posé. Quand Beatrice s’exprime, on a souvent l’impression qu’elle a tout compris. Cette femme vise juste et pertinent, à chaque fois.
Il faut dire que son  parcours parle pour elle et qu’on aimerait bien, chacune, à son âge en avoir autant dans les valises et dans le cœur.

Beatrice a arpenté les bancs de la fac de Toulouse pendant plus de cinq ans, accompagnée de son chien. Après son master de psycho, elle a poursuivi par trois-quatre mois en Histoire de l’art. Quand on lui a demandé de ne plus amener son chien en cours, elle a décidé de ne plus y aller non plus. Beatrice ne se pose pas de questions, elle vit. Bercée par ce qui lui arrive, tachant de toujours rebondir, et avide de nouvelles rencontres « Il n’y a pas de projets. A un moment, les choses se passent. Celles qui me sont arrivées m’ont menée là où je suis » guidée par l’affect, et la confiance : « Je crois beaucoup aux rencontres, à la magie de la vie qu’on perd parfois. Il faut faire confiance, au départ ».
Après des années entre Toulouse et Bordeaux, où elle a monté une maison d’édition, travaillé dans l’insertion professionnelle des jeunes, s’est découvert des talents de visiteuse médicale, Beatrice est revenue à Bordeaux à trente-trois ans. Pour de bon cette fois, avec cette envie de créer une galerie d’art qui lui tenait toujours au corps. Il lui faudra pourtant attendre 15 ans avant de se lancer dans SA grande aventure.

Qu’est ce qu’on peut faire pour passer un bon moment dans le monde ?

Trouver les personnes qui nous déterminent

En 2000 Béatrice, accompagnée de Véronique Goglin et Boufeldja Labri, ses deux acolytes,  crée Le Garage Moderne, lieux connu et apprécié des Bordelais : « J’allais dans un garage de ce type là, à Toulouse. Un lieu avec des outils qui proposait une aide de professionnels pour réparer sa voiture, mais il n’y avait rien à y faire et je me faisais royalement tartir ». Quand le projet du Garage Moderne est né, Béatrice et Boufelja savaient déjà quoi faire de cet endroit : « Je voulais un truc original, avec des coins où on puisse s’asseoir, qu’il y ait des choses à regarder, des rencontres à faire, un lieu ouvert à tout le monde ». Au-delà du garage, les 2200m2 d’espace exposent les toiles de Véronique. Régulièrement, ils accueillent des projets culturels (concerts, expos, pièces théâtre) « Tout est parti à chaque fois d’une proposition qu’on nous a faite. La première des choses c’est comment apprendre à dire oui !». Le Garage Moderne aujourd’hui c’est 25 salariés, dont 11 en contrats de droit commun (CDI) et les autres en contrats aidés et aides à l’insertion, évidemment. Et la petite cerise sur le gâteau, une formation qualifiante de mécanicien ouverte en 2012, qui accueille 11 stagiaires pour un an. Quand Béatrice s’engage c’est à sa manière, avec ses valeurs de générosité, de solidarité et d’entraide, en maîtres-mots, chevillées au corps.

 

Une parenthèse hors du temps

Le dernier né de l’univers de Béatrice et Boufelja, c’est le Bar de la Marine, un bistrot ouvert en 2011, situé tout près du Garage Moderne « on a voulu recréer un lieu hors du temps, montrer des choses de la vie de tous les jours, quelque chose de  plus léger que le Garage ». Un restaurant ouvert le midi, décoré avec des objets de récup’, qui sert des produits locaux et bio, à des tarifs plus qu’abordables, c’est ce qu’a voulu Béatrice pour ce bistrot, racheté aux propriétaires « Avec le bar de la marine, j’ai eu l’impression d’une transmission », une notion fondamentale pour Béatrice  « J’aime ce que j’ai fait, et j’ai envie que ça continue, mais on n’ est pas immortels. Ce qu’on a fait, il faut savoir le transmettre pour la paix de l’esprit ».
Entre les deux, Béatrice jongle « Je suis à la fois la chef du bar et du Garage, mes journées c’est beaucoup de téléphone. J’essaie de faire bien dans les deux même si ce ne sont pas les mêmes ambiances. L’essentiel c’est que quand les gens viennent, ils sentent la même générosité ». Pari gagné Béatrice, assurément.

 

Et pour la suite ?
« Ce qui me plairait c’est de faire un truc dans le Lot et Garonne. Accueillir les gens dans des roulottes avec des jolies couleurs, le seau et la casserole pour se laver : une échappée hors du temps ». Très bien, autre chose ? « Et m’occuper d’élever des animaux. Il y a plein de gens bien et d’animaux très cons. Et alors ? »

 

Cet article a été réalisé dans le cadre du 1er numéro du magazine Bibiche, en mars 2013.
Publicités

2 thoughts on “Béatrice Aspart, battante au grand coeur

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s